Dans la feuillée, écrin vert taché d'or,
Dans la feuillée incertaine et fleurie
De fleurs splendides où le baiser dort,
Vif et crevant l'exquise broderie,
Un faune effaré montre ses deux yeux
Et mord les fleurs rouges de ses dents blanches.
Brunie et sanglante ainsi qu'un vin vieux,
Sa lèvre éclate en rires sous les branches.
Et quand il a fui – tel qu'un écureuil -
Son rire tremble encore à chaque feuille,
Et l'on voit épeuré par un bouvreuil
Le Baiser d'or du Bois, qui se recueille.

Ce poème est constitué de trois quatrains de décasyllabes, une concession faite à Verlaine. Il est d’inspiration parnassienne, faisant appel aux fleurs et aux références mythologiques.
Dans ce poème, la rime se porte sur le son œil. On la retrouve sur les mots écureuil, feuille, bouvreuil, recueille.
C’est en effet cet « œil » que je vis en premier lieu se détacher sur la photo que j’ai pris de ce tapis de « feuilles » qui glissait sur le sol dans la foret de Brocéliande.
C’est l’œil du Faune qu’on peut voir très distinctement et qui me regarde. En haut à droite du cadre, je suis là, révélée par mon ombre qui apparaît sur le cliché et que je n’ai pas recadré pour apparaître toujours, vue par le Faune, regardée plutôt. Moi, je surprenais ce moment d’amour, ce baiser qu’il donne à une autre entité qui se détache, elle aussi, sur le tapis de feuilles mordorées. Le « Baiser d’or du bois, qui se recueille »
http://translucides.free.fr/broceliande/7faune.htm